À retenir : la violence conjugale ne s'arrête pas toujours avec la rupture. Après la séparation, le contrôle peut continuer à travers les enfants, l'argent, les procédures et le harcèlement. En Valais, tu peux être aidée gratuitement.
Tu es partie. Tu pensais que le plus dur était derrière toi. Pourtant, les messages continuent, les échanges autour des enfants deviennent une bataille, les procédures s'enchaînent.
Si tu te reconnais, tu vis peut-être des violences post-séparation. Elles sont réelles, elles ont un nom, et tu n'es pas seule.
Comprendre
Qu'est-ce que la violence post-séparation ?
La violence post-séparation, c'est la violence conjugale qui continue après la rupture. La relation est terminée, mais le contrôle, lui, ne s'arrête pas. Il change simplement de forme.
On imagine souvent que partir met fin aux violences. En réalité, la séparation est souvent la période la plus à risque. Quand l'ex-conjoint perd le contrôle direct, il cherche d'autres moyens de le garder : les enfants, l'argent, la justice, l'entourage.
Conflit ou violence : quelle différence ?
| Conflit de séparation | Violence post-séparation |
|---|---|
| Deux personnes qui s'opposent à égalité | Une personne qui cherche à dominer l'autre |
| Chacun·e peut dire non sans crainte | L'autre a peur des conséquences |
| Le désaccord porte sur un sujet précis | Le but est de garder le contrôle |
Le contrôle coercitif, le fil rouge avant et après la rupture
Le contrôle coercitif, c'est un ensemble de comportements répétés qui visent à priver une personne de sa liberté : surveiller, isoler, rabaisser, menacer, contrôler l'argent et les déplacements. Pris un par un, certains gestes paraissent anodins. Ensemble, ils forment une emprise.
La violence conjugale ne se limite pas aux coups. Elle peut être :
- psychologique : humilier, rabaisser, faire douter, isoler ;
- économique : contrôler l'argent, empêcher de travailler, créer des dettes ;
- sexuelle : imposer, forcer, faire céder par la pression ou la peur ;
- du harcèlement : surveiller, appeler sans arrêt, suivre, menacer.
Ces violences arrivent rarement seules. C'est pour cela que la séparation ne suffit pas toujours : le contrôle coercitif ne dépend pas de la vie commune. Il peut continuer à distance, par téléphone, par avocat interposé ou à travers les enfants.
Et la loi suisse ?
Le contrôle coercitif n'est pas encore une infraction pénale à part entière. Le Conseil national a accepté le 16 juin 2026 une motion demandant de l'inscrire dans la loi, mais le texte doit encore passer par le Conseil des États. En revanche, le harcèlement obsessionnel (stalking) est punissable depuis janvier 2026.
Les formes que prend la violence après la séparation
À travers les enfants
Ce sont les violences vicariantes : atteindre la mère en passant délibérément par l'enfant. Dénigrement, menaces de « prendre la garde », retards calculés, enfant retenu après le droit de visite.
À travers les procédures
Plaintes à répétition, demandes de modification de garde, recours sans fin. La justice devient un terrain pour épuiser.
À travers l'argent
Pension payée en retard ou pas du tout, frais imposés, dettes laissées à ton nom, refus de vendre un bien commun.
À travers le harcèlement
Messages incessants, surveillance sur les réseaux, passages devant chez toi ou ton travail, proches utilisés pour avoir des nouvelles.
À travers ton image
Te faire passer pour « instable », « folle » ou « mère aliénante » auprès de l'entourage, de l'école ou des professionnels.
Le contrôle ne s'arrête pas avec la rupture. Il change de forme.
Pourquoi c'est si difficile à faire reconnaître
Les violences post-séparation laissent peu de traces visibles. Chaque fait, isolé, peut sembler banal. C'est la répétition et l'intention qui révèlent la violence.
C'est aussi pour cela que partir est si difficile. La peur, l'isolement, la dépendance financière, les enfants et l'emprise retiennent. Et quand tu pars enfin, on te dit parfois que « maintenant, c'est fini ». Ne pas être crue à ce moment-là fait souvent autant de mal que les violences elles-mêmes.
Si tu te sens épuisée, en hypervigilance, si tu doutes de toi à chaque échange, ce n'est pas de la faiblesse. Ce sont les effets d'un contrôle qui continue.
Que faire et où trouver de l'aide en Valais
- Garde des traces. Captures d'écran, messages, mails, dates des incidents, certificats médicaux. Note tout dans un carnet ou un document daté qu'il ne peut pas consulter.
- Ne reste pas seule. Parle à une personne de confiance ou à une structure spécialisée.
- Informe-toi sur tes droits. Des mesures de protection existent en droit civil, et certains comportements, comme le harcèlement obsessionnel, sont punissables.
| Qui | Pour quoi | Contact |
|---|---|---|
| Police | Danger immédiat | 117 |
| Ligne 142 | Victimes de violence, gratuit et confidentiel, 24h/24 | 142 |
| Centre LAVI Valais romand | Aide aux victimes, Sion et Collombey-Muraz | 027 607 31 00 |
| Légitime Valais | Accompagnement gratuit et groupes de parole | contact@legitime-valais.ch |
Comment Légitime Valais t'accompagne
Légitime Valais est une association à but non lucratif basée à Lens. Elle accompagne gratuitement les victimes de violences psychologiques, de contrôle coercitif, de violences post-séparation et de violences vicariantes en Valais romand.
Notre approche repose sur le soutien entre pairs, en complémentarité avec les structures existantes :
- une écoute sans jugement, que tu sois encore sous emprise ou déjà partie ;
- un accompagnement individuel pour comprendre ce que tu vis et structurer ton dossier ;
- des groupes de parole, en présentiel à Sierre et en visioconférence ;
- un soutien pour tes proches, qui ont eux aussi besoin d'être aidés.
Tu n'as plus à porter ça seule.
Écris-nous en toute confidentialité. On prend le temps de t'écouter.
Instagram : @associationlegitimevalais
Questions fréquentes
La violence peut-elle continuer après une séparation ?
Oui. La séparation est même souvent la période la plus à risque. Le contrôle passe alors par les enfants, l'argent, les procédures ou le harcèlement.
Qu'est-ce que les violences vicariantes ?
Ce sont des violences où l'ex-conjoint atteint la mère en passant délibérément par l'enfant, pour la faire souffrir et garder le contrôle.
Le contrôle coercitif est-il puni en Suisse ?
Pas encore comme infraction à part entière. Une motion a été acceptée par le Conseil national en juin 2026. Les menaces, la contrainte et le harcèlement obsessionnel sont déjà punissables.
Où trouver de l'aide gratuite en Valais ?
Auprès du Centre LAVI Valais romand (027 607 31 00), de la ligne 142 (24h/24) et de Légitime Valais (contact@legitime-valais.ch). En cas de danger immédiat, appelle le 117.
Sources : CHUV, ligne 142 · Canton du Valais, LAVI · Juriup, contrôle coercitif · La Télé, stalking
